CFTC CalaisLe syndicalisme chrétien naît le 13 septembre 1887, avec la création du Syndicat des employés du commerce et de l’industrie. Les dirigeants de ce groupement sont à l’initiative de la fondation de la CFTC les 1er et 2 novembre 1919, regroupant 321 syndicats et se réclamant de l’encyclique Rerum Novarum. Son objectif est de contrer la toute-puissance de la CGT dans le milieu ouvrier. La CFTC est la première organisation nationale à proposer une autre voie syndicale que celle fondée sur les analyses marxistes ou anarcho-syndicalistes. Le fond idéologique du christianisme social lui donne en effet une autonomie et une légitimité que d’autres organisations syndicales non socialistes, comme le syndicalisme jaune, ne pouvaient acquérir.
Jules Zirnheld est le premier président de la CFTC, poste qu’il occupe jusqu’en 1940.

En 1938, la CFTC voit l’adhésion d’un premier syndicat laïque, le Syndicat général de l’éducation nationale.

En 1940, la CFTC est dissoute par le régime de Vichy. En raison de l’action de certains de ses membres dans la Résistance (elle est un membre actif du Conseil national de la Résistance), elle est maintenue, à la Libération, comme organisation syndicale représentative malgré l’hostilité de la CGT, qui va jusqu’au Conseil d’État en vue de la faire interdire.

En 1964, une majorité de la CFTC menée par le groupe Reconstruction décide la « déconfessionnalisation » tout en restant en retrait du choix de la lutte des classes pour donner naissance à la CFDT, tandis qu’une minorité décide de maintenir une centrale chrétienne via une scission minoritaire (environ 10 %) avec, en particulier, la fédération des métaux.

En 1975, la CFTC est favorable au Rapport Sudreau sur la réforme de l’entreprise.

En 1988, elle soutient la création du RMI et se montre neutre lors de la création de la CSG, en 1990. Le syndicat est favorable aux 35 heures, aux emplois-jeunes, à l’élaboration de la loi de 1998 contre les exclusions et à la loi créant la CMU.

En 2006, la CFTC présente son projet du statut du travailleur, lancé par un « rapport-programme » dès 1999 et concrétisé par un groupe de travail depuis 2003.

Le 1er mai 2008, la CFTC rassemble près de 6 000 personnes lors de son défilé unitaire à Paris autour du thème du pouvoir d’achat.

En 2010, la CFTC formule des propositions pour réformer le système des retraites et participe aux cinq grandes journées de manifestations. Elle dénonce la plupart des mesures prises par le ministre du travail Eric Woerth dans sa réforme.
Le syndicat réclame une hausse des cotisations vieillesse et une taxation des nouveaux revenus du capital ; il propose, notamment, une taxe de 3 % sur les bénéfices non réinvestis et demande un élargissement de l’assiette des cotisations à certains revenus : stock-options, retraite-chapeau, participation, intéressement.
La CFTC propose aussi une augmentation d’un point de la CSG, ce qui permettrait de générer onze milliards d’euros de ressources, et qu’une partie de la CSG soit « fléchée », avec un contrôle effectif de l’affectation des sommes versées à la branche vieillesse. Elle demande en plus que l’ensemble des allègements de cotisations sociales soit compensé au centime près par des impôts.

La CFTC édite un magazine, La Vie à défendre. Elle a lancé, le 20 janvier 2011, la première web-télévisionsyndicale.